Hôtel de Caumont

3 Rue Joseph Cabassol 13100 Aix-en-Provence
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Hôtel de Caumont  - Plan

C'est un Hôtel particulier tout à fait exceptionnel !.

Outre les bâtiments, les appartements et le jardin qui sont magnifiques, les expositions temporaires y sont toujours intéressantes, et ne manquez pas de prendre le temps de vous restaurer dans les salons ou dans l'agréable jardin à la Française.


UN HÔTEL "ENTRE COUR ET JARDIN"

L'Hôtel de Caumont Centre d'Art est situé à deux pas du cours Mirabeau, dans un quartier aristocratique de la vieille ville d’Aix-en-Provence, le quartier Mazarin. D’influence parisienne, c'est un hôtel "entre cour et jardin", schéma architectural apparu à Paris au XVIe siècle, qui rapporté à échelle urbaine, correspond au château et son parc. Quatre éléments caractérisent ce type de plan : le portail, la cour, le corps de logis et le jardin, allant hiérarchiquement de l’espace public à l’espace privé.

L’hôtel est construit sur un terrain carré avec au Nord-Est le corps principal du bâtiment, au Nord-Ouest la cour d’honneur, au Sud-Est un jardin clos et au Sud-Ouest le bâtiment des communs avec une basse-cour. La structure "entre cour et jardin" est ici adaptée à la surface carrée et se présente en quinconce et non en enfilade.

Ce type de construction "entre cour et jardin" disparaît en 1680 à Aix-en-Provence, privilégiant la construction d’hôtels sur rue pour se démarquer du style parisien. Les portails sont alors plus décorés dans une tendance baroque caractéristique du goût méridional.

Par l’ampleur de sa conception sans équivalent à Aix-en-Provence, il représente un échantillon de l’architecture française du XVIIIe siècle. Pour leur qualité, le portail à carrosses, la façade et la rampe d’escalier en fer forgé ont été inscrits à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1925. La totalité de l’hôtel fut classée en 1987.


LA COUR DES COMMUNS

La cour des communs, nommée "basse-cour" sur les plans de Robert de Cotte, est une esplanade rectangulaire bordée par trois corps de bâtiments. C’est dans cette cour que les carrosses et les chaises à porteurs armoriées et peintes de couleurs vives des invités étaient garés.

Au sud, le bâtiment avec les trois portes cochères sous anse à panier accueillait les anciennes écuries de l’hôtel. Au XVIIIe siècle, cette remise était utilisée quotidiennement par les domestiques : les femmes y traitaient le linge et la réception des aliments, les hommes y conservaient les outils.

L’aile est, occupée aujourd’hui par l’accueil du Centre d’Art, était conçue pour le logement des domestiques. Une armée de femmes de chambres, bonnes, valets, maîtres d’hôtel, palefreniers, personnel de cuisine, maintenait le train de vie et le prestige des maîtres de maison. L’espace dédié aux domestiques s’avérait donc exigüe, mais le travail étant intense, ils n’y passaient que peu de temps.

Le bâtiment à l’ouest, à fenêtres aveugles, abritait une galerie avec la collection d’art des Bruny. Les moulures et les crossettes des fenêtres de cette façade répètent avec harmonie le décor de la façade principale.

Dans l’angle nord-est de la cour, on remarque un puit en pierre, essentiel à la vie de la maison.

LA COUR D'HONNEUR ET LA FAÇADE SUR COUR

Les plans initiaux de l’hôtel sont l’œuvre de Robert de Cotte. Il avait conçu pour l’hôtel une façade qui se devait d’imposer le statut social propre à la noblesse. Le premier projet était dans le goût classique qui faisait alors autorité dans les milieux parisiens. Le fils du commanditaire, Joseph François, modifie le projet initial pour aboutir à un résultat plus méridional et moins marqué par le classicisme architectural parisien avec un décor nettement plus important.

Les sculptures de la façade, commencées dès 1717, sont l’œuvre de deux artistes locaux jusqu’ici peu connus : Rambot et Dhuez. Le premier a sculpté les roses et les gouttes du balcon central, le second les métopes allégoriques de la frise, le masque de faune de la porte d’entrée, les corniches, les pots à feu de la toiture et les armoiries du fronton, aujourd’hui disparus. Les métopes allégoriques réalisées par Rambot sont aujourd’hui encore visible : trophées militaires et navire de guerre évoquent les faits d’armes des Réauville pendant que les deux métopes du centre, surplombant le mascaron, figurent les armes de la famille avec le greslier, une trompe de chasse.

Au-dessus de la porte d’entrée, un magnifique balcon ouvragé présente de complexes variations de ferronnerie. La grille médiane porte en son centre un ajout plus tardif placé par les nouveaux propriétaires de l’hôtel à partir de 1758 : le cerf des armoiries des Bruny de la Tour d’Aigues, doré à l’or fin.

LE HALL D'ENTRÉE

Le hall d’entrée possède une grande importance dans la distribution des pièces d’un hôtel particulier : première pièce, il se doit de marquer la magnificence des lieux.
C’est en effet dans le vestibule que, selon des récits, un laquais déguisé à l’oriental attendait les invités lors des réceptions organisées par les Bruny.

Deux imposants atlantes arc-boutés semblant soutenir l’hôtel, dominent le hall. Ils sont l’œuvre des sculpteurs Honoré Gastaud et Esprit Routier. Le premier atlante regarde en direction de l’entrée avec un visage jeune qui semble accueillir les visiteurs. À l’opposé, le deuxième regarde vers la montée de l’escalier avec un visage plus marqué par le temps : il s’agit ici d’une allégorie du temps qui passe. Les deux sculptures ont vraisemblablement été modelées autour d’une âme en bois recouverte d’un plâtre grossier, puis la peau modelée avec un plâtre plus fin. Entre les deux géants, un mascaron porte les armes des Bruny : on y retrouve le cerf, représenté aussi dans les ferronneries du balcon.

Dans l’angle, une fontaine intérieure typique des hôtels particuliers aixois, affirme la richesse et le luxe de l’hôtel dans une région où l’eau est un bien rare et précieux. Elle est composée d’une vasque en marbre sombre surmontée d’un vase décoratif. Son emplacement à l’entrée de la bâtisse, lieu de passage par excellence, rappelle également son aspect utilitaire.

Le vestibule est de largeur identique à la cage d’escalier, ce dernier dessert deux étages sur trois volées. L’escalier de l’Hôtel de Caumont est l’un des premiers éléments classés en 1925 et à juste titre : le dessin de la façade par Robert de Cotte laisse apercevoir par le porche d’entrée le début de cet escalier d’apparat, il est ainsi considéré dès sa création comme un élément décoratif de premier ordre, visible même depuis l’extérieur de la bâtisse. Il occupe l’axe central du bâtiment et la montée se fait par la gauche, ce qui ne correspond pas aux règles d’architecture qui la veulent à droite.
L’élégante ferronnerie de l’escalier, œuvre du serrurier Raynaud, est composée de volutes de feuilles d’acanthe où se distinguent les « R » imbriqués de la famille Rolland de Réauville.

LE SALON DE MUSIQUE

Les appartements de l’Hôtel de Caumont illustrent parfaitement avec leur richesse décorative les prétentions nobiliaires de ses différents occupants. À l’époque, dans les demeures du quartier Mazarin, un phénomène particulier reflète le haut niveau social de ses propriétaires : la présence de pièces spécialisées, habituellement réservées à la haute noblesse et aux châteaux princiers.

L’Hôtel de Caumont comptait ainsi un salon de musique, pièce dédiée à la pratique instrumentale. La musique a en effet joué un rôle central dans la vie sociale de la haute société au XVIIIe siècle. À l’image des souverains musiciens, comme Frédéric II de Prusse par exemple, beaucoup ont reconnu rapidement les vertus de la musique comme occupation mondaine. Le salon de musique devient alors dans les résidences un haut lieu de sociabilité.

Afin d’assouvir leur passion musicale, en 1742 les Rolland de Réauville passent commande d’un buffet d’orgue. Si malheureusement l’orgue n’est pas resté en place (il a été acheté le 5 février 1761 à la marquise de Réauville et est actuellement à l’Abbatiale de St. Sauveur d’Aniane), ce salon permet d’évoquer les caractéristiques d’un salon de musique aixois au XVIIIe siècle.

Aujourd’hui l’œuvre centrale du salon de musique est un écrin de clavecin dont la réalisation est à situer dans les toutes premières années du XVIIIe siècle. Bien que le clavecin d’époque n’ait pas été conservé, cet objet qui en est l’enveloppe, nous permet de comprendre avec quel luxe était imaginée la décoration de l’instrument de musique. Des scènes empruntées à la mythologie classique prennent place sur les différents éléments de l’écrin : Diane changeant en cerf le malheureux Actéon qui l’avait surprise au bain avec ses compagnes pour la partie intérieure, ou encore l’enlèvement d’Europe par Jupiter métamorphosé en taureau pour le décor extérieur du couvercle.

Les gypseries du plafond, dorées à l’or fin, présentent une iconographie qui célèbre les sens : chaque angle de la pièce est décoré d’une scénette évoquant un des sens. La vue est figurée par deux amours qui observent le ciel à l’aide d’une jumelle et d’un globe. L’ouïe est présentée par un concert de putti : pendant que deux semblent chanter, un troisième joue de l’orgue. Le goût semble figuré par deux putti assis devant ce qui semblerait être une pâtisserie posée sur un guéridon. Enfin, le toucher est évoqué par deux putti sculpteurs qui façonnent un buste. L’ensemble est richement orné de volutes, de coquilles, de profils féminins et d’animaux fantastiques, autant d’éléments propres à l’art rocaille si cher au XVIIIe siècle aixois.

LA CHAMBRE DE PAULINE DE CAUMONT

Cette pièce permet d’évoquer la jeunesse heureuse de cette belle aixoise. Le XVIIIe siècle avait, après la mort de Louis XIV en 1715, redécouvert l’intimité, les alcôves et les boudoirs. Les fastes de Versailles laissent place à une vie plus confortable, les intérieurs deviennent des lieux où le luxe se mêle à la douceur de vivre.

Le lit présenté dans cette pièce est typique de ce goût du règne de Louis XV pour les alcôves et les lieux intimes. Il s’agit d’un lit dit "à la polonaise", de ses deux dossiers naissent quatre colonnes qui se prolongent pour former un baldaquin richement orné d’une épaisse pièce de tissu.

C’est aussi le triomphe du style "rocaille", très présent dans les appliques aux murs de la chambre : les arts décoratifs cèdent à cette mode de la volute, du motif végétal ou minéral, où rien ne semble symétrique et tout prend des formes de "coquille" et de rinceaux. Cette esthétique rocaille participe pleinement à la création d’une atmosphère intime et chaleureuse : tout semble rondeur et préciosité.

Le bureau à cylindre présenté ici évoque le style Louis XVI où les excès du rocaille semblent remplacés par la "noble simplicité" des lignes droites héritées de l'art antique. Cependant, il convient de souligner combien la forme même du bureau à cylindre, imaginée pour Louis XV, s’ancre profondément dans ce XVIIIe siècle précieux où l’on cherche à cacher sa correspondance des regards indiscrets grâce à un volet rabattable qui créer un espace intime de plus.

Les gypseries de la chambre ne sont pas iconographiquement aussi riches que celles des autres salons, cependant elles se chargent d’une dimension plus intime et nonchalante avec ces figures de singes orientaux : l’un semble saluer le visiteur en levant son chapeau, tandis que le second joue sur une escarpolette. Au-dessus d’eux se retrouvent à nouveau des cartouches décoratifs avec des putti jouant avec des guirlandes florales. Ces décors sont plus tardifs que les autres car datant des Bruny, comme en témoignent les armes de la famille avec le cerf au-dessus du trumeau central.

Dernière entrée 30 minutes avant la fermeture.
Appelez l'Hôtel de Caumont pour connaître les programmations.

La librairie-boutique culturelle est ouverte aux horaires du centre d'art.

Le Café Caumont est ouvert à partir de 11h30.
Il est très agréable d'y prendre un rafraichissement dans la journée, ou d'y déjeuner.
Entrée libre, sans réservation.
Dernier accès 30 minutes avant la fermeture (sauf les jours d’ouverture du Lounge).
Soirées lounge de mai à septembre, du mardi au samedi, de 19h à 23h (dernière entrée à 22h30).
Appelez pour connaître la programmation des soirées Jazz.
Fermetures exceptionnelles en cas de privatisation.

Ouvert le dimanche

Lundi10H00 - 18H00
Mardi10H00 - 18H00
Mercredi10H00 - 18H00
Jeudi10H00 - 18H00
Vendredi10H00 - 18H00
Samedi10H00 - 18H00
Dimanche10H00 - 18H00
Hôtel de Caumont musées - centres d'art ouvert le dimanche à Aix-en-Provence
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